Chroniques de la neige et du sang
 
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 Partie I

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Chebaï
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Classe sociale : Orphelin des bas-fonds
Date d'inscription : 28/06/2006

MessageSujet: Partie I   Mer 5 Juil - 15:12

Les enfants trottinaient derrière Kiba, un mélange de fascination et de ravissement se lisant sur leur visage. Le jeune homme s'arrêta et sourit ; ce n'était pas la première fois qu'on le sollicitait ainsi. Il céda aux demandes silencieuses (ou presque) des enfants, s'asseyant sur un muret qui passait par là (hum). Il fit mine de réfléchir un instant à l'histoire qu'il allait conter, et se lança dans Andersen, La Petite Sirène. Son auditoire n'était composé que de jeunes des rues. Les plus petits s'asseyaient en face de Kiba, la bouche grande ouverte ; l'expression "boire les paroles" n'avait jamais aussi bien convenue. Les plus grands, seuleument agés d'une dizaine d'années, essayaient de garder leur visage de "chef de clan" ; sombre mais déterminé. Cependant, ils ne pouvaient cacher leur admiration pour Le Conteur et leur engouement pour les contes de fées. C'était un repère comme un autre dans une vie de rue, de squatt et de vol à la tire...


Kiba releva les yeux de son auditoire pour lire l'heure sur le clocher d'en face. Il était assez tard, bien que le soleil soit encore très présent, mais celà n'empéchait pas la rue d'être désertée. L'oeil de Kiba fut attiré par quelque chose de bleu, d'un bleu indéfinissable, virant sur le gris et tirant sur le vert. C'était les yeux d'un garçon, un garçon du même age que lui, peut-être un plus jeune, assis au milieu des marches du clocher. Le garçon arborait un sourire étrange que Kiba n'était pas sur d'arriver à décoder. Il continuèrent à s'observer quelques instants encore, jusqu'à ce que les petits enfants, lassés du silence de leur conteur, finissent par venir lui tirer les manches. Kiba décolla alors son regard du garçon étrange et reprit le fil de son histoire. Il savait cependant l'autre auditeur toujours présent sur le parvis de l'église, cette expression indéfinissable sur le visage.


Les enfants s'éparpillaient joyeusement dans la rue, leurs aînés tentant tant bien que mal de les rassembler calmement (dur, dur). Kiba assura aux enfants qu'il reviendrait bientôt, avec de nouvelles histoires à raconter. Il glissa un coup d'oeil vers les escaliers de l'église. L'autre souriait toujours, et semblait l'attendre ; il ne faisait cependant aucun signe. Aucune personne, même la plus sage, n'aurait su résister à la curiosité d'aller voir cet étrange personnage et de lui demander ce qui lui passait par la tête. Kiba sembla hésiter puis la tentation finit par guider ses pas à quelques marches du garçon. Il prit le temps de le regarder avant de dire quoi que ce soit.

Tout en lui respirait la poupée Barbie : des yeux bleus (après un examen minutieux, c'était cette couleur qui revenait le plus dans les iris du jeune homme) ; des cheveux blonds, en nuance entre l'or et le blé ; des poignets fins et habiles, une carrure moyenne et une minceur à toute épreuve.


" - Excuse-moi, mais tu me veux quelque chose en particulier ?

Le sourire du garçon s'élargit, laissant apparaître des dents d'une blancheur valant celle de la neige environnante.

- Pas vraiment grand-chose de précis, non...

Le blond laissa ses jambes aller devant lui et mit les bras en arrière, dans la parfaite pose du bronzeur (même si les marches carrées lui entamaient gentiment le bas du dos).

- Tu racontes assez bien les histoires, tu sais ? renchérit-il.

Le cerveau de Kiba compara inconsciemment son interlocuteur avec un carnivore affamé. Il ne savait pas vraiment quoi répondre à une phrase pareille.

- Ah, euh, merci. dit-il, son éternelle politesse reprennant le dessus.

- Bon, sur ce, je te laisse. Je repasserai te voir un jour ou l'autre !"

Le jeune homme, qui n'avait pas daigné donner son nom, repartit comme il était venu : les mains dans les poches et le sourire au lèvres, d'un pas orgeuilleux et rayonnant.
Kiba haussa les épaules. Il avait bien peu de chance de le revoir un jour, quoiqu'il en dise ; autant l'oublier. Mais il repensa plusieurs fois a ses étranges paroles (comment ne pas faire autrement...).



Trois semaines plus tard


-Mais, Kiba, tu nous a déja raconté cette histoire, geignirent les plus jeunes enfants.

Il soupira et se creusa la tête. Il n'avait pas trouvé d'autre livres de conte et l'imagination lui avait toujours fait cruellement défault (étrange pour un conteur), surtout dans des moments pareils (ou un groupe d'enfants risque de vous pleurer dans les bras). Il ne voulait pas les décevoir.

-Eh bien, euh...tenta-t-il vaguement.

-Alice au Pays des Merveilles, de Lewis Caroll.

Kiba regarda à sa droite avec étonnement. Il s'était assis tranquillement sans que personne ne le remarque à la droite de Kiba, dans la même position de poseur que lorsqu'il s'était vu la première fois. Kiba pensait vraiment ne jamais le revoir -mal lui en prit. Le blond parlait avec une aisance et une habileté naturelle, mais qui paraissait tout de même travaillée. Les enfants étaient subjugués par ce nouveau conteur à la voix si claire et à la beauté inhabituelle.

Dès la fin de la toute dernière phrase, les enfants s'éparpillèrent joyeusement puis rentrèrent chez eux (pour ceux qui avaient un toit). Kiba de son coté se demandait bien qui il pouvait être pour conter aussi bien une telle histoire.

-Et bien? Tu as l'air étonné . Je t'avais dit que je reviendrais.

Kiba ouvrit la bouche. Il commencait à se sentir mal à l'aise à coté de lui.

-Ah. Et c'était pour me dire quelque chose en particulier?

-Non non, j'aime juste écouter des histoires, et tu les racontes plutôt bien. Mais j'ai été très déçu, aujourd'hui! Incapable de raconter une histoire! ajouta-t-il avec une voix et une mimique enfantine.

Kiba ne savait pas trop quoi dire. Le jeune homme blond semblait parfois être très mature, d'après ce qu'il avait pu observer en l'écoutant raconter Alice aux pays des merveilles, mais il avait aussi parfois des réactions de gamin total, voir gamin gaté. Il savait qu'il avait d'autre choses a faire, mais il voulait malgré tout et surtout malgré lui savoir qui était-il. Curiosité, vilan défaut que tu est...
Ne sachant trop comment aborder la conversation, puisque l'inconnu avait fermé les yeux pour -c'était ce qu'il semblait faire en tout cas- se dorer tranquillement au soleil, il commenca par une des phrases les plus bateau possibles.

-Comment tu t'appelles ?
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