Chroniques de la neige et du sang
 
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 Le Maître 2 °entraînement°

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Atsu
Admin au poisson cru
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Nombre de messages : 476
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Localisation : Au dessus de son snowboard
Classe sociale : Miséreux célèbre !
Date d'inscription : 27/06/2006

MessageSujet: Le Maître 2 °entraînement°   Jeu 9 Nov - 19:13

"Prend une plus grande impulsion sur tes jambes ! Comment veux-tu tenir longtemps en l'air avec un saut aussi minable ?"

Atsushi retomba en dérapage contrôlé. Plus grande impulsion, plus grande impulsion ! Facile à dire ! Le terrain était merdique, aussi ! Comment prendre une impulsion au bout d'une rue pavée, juste avant un mur tapisé de neige, vaguement en pente, censée représenter un semblant de pipe...

"Atsushi, si tu y arrive ici, tu y arrivera partout."

Et voilà, ce type avait encore deviné ce qu'il pensait. Certes, le petit Atsushi d'à peine huit ans avait encore du mal à fermer son visage expressif et ses grands yeux bleus au regard perforant de son maître, mais c'était néanmoins frustrant d'entendre une réponse à ses pensées...

"Recommence."

Atsushi se retint de pester, dégraffa son snowboard et remonta la rue.

Il pourrait se barrer, après tout. Il vivait comme n'importe quel squatteur, chez le Maître. Alors pourquoi pas se contenter de devenir "n'importe quel squatteur" et faire abstraction de ces tyranniques entraînement ? Ok, le snow, c'était cool, mais pas comme ça. La seule chose qui retenait Atsushi, outre son honneur, c'était ça. Le snow. Principalement les escapades derrière la Frontière avec le Maître. S'il ne se rappellait pas de ces moments, il aurait du mal à comprendre pourquoi il éprouvait une telle sympathie pour lui.

Le garçon se plaça face à la vague pente de neige et réagraffa ses chaussures à son snow. Il commença sa descente, genoux pliés et visage extrêmement concentré.

"Arrête-toi tout de suite ! C'est quoi, cette nouveauté ? Tu descend le menton entre les genoux, maintenant ? Droit, fier, à peine penché ! Il faut que tu sois orgueilleux, que tu débordes de confiance ! Et surtout, que tu en ai l'air !"

Atsushi dérapa en pleine pente. Là, non. Là, il pouvait pas se retenir de pester.

"Mais, Maître ! Ca fait considérablement gagner en vitesse ! Tous les champions le font ! Et de plus, c'est pas une question d'orgueil !"

Le vieil homme se leva et s'avança vers Atsushi, dans un silence de mort. Il leva la main au dessus de son visage et assena une grande giffle au garçon qui porta instictivement sa main à sa joue. La deuxième giffle luiécrasa les phalanges dans la mâchoire. Il se mordit l'intérieur des joues pour ne pas hurler.

"Sache que tout est une question d'orgueil. L'orgueil, c'est la seule chose noble que nous avons encore le droit d'avoir, nous, les Miséreux. Alors ne le méprise pas. Tu te dois de le porter toujours sur toi, avec panache, dans toutes tes attitudes. Chacun de tes mouvements, chacune de tes paroles se doit de respirer la noblesse dont on nous prive impunément. Alors garde toujours la tête haute et le dos droit. Rien ne doit te faire plier. Pas même une giffle, pas même une défaite. Pas même la mort."

Le Maître redescendit en bas de la pente, à une demi-douzaine de mètres du simili-pipe.

"Recommence. Et n'oublie pas : le panache !"

Atsushi, rageur en silence, regagna le haut de la rue et descendit, le dos droit comme un manche à balai. Il se sentait plus ridicule qu'autre chose, dans cette position de statue, le vent sifflant contre son torse nu. Mais bon, puisque c'était ce que le Maître voul...

"Non, tu fais n'importe quoi ! Je ne te demande pas d'imiter un mur ! Tu trouve ça noble, de te tenir comme un piquet ? Non, je te demande de l'élégance, de la distinction. Je te demande d'être plus noble que ces andouilles qui prétendent faire du snow avec le pantalon entre les dents !"

Atsushi fulminait. Jamais content, ce vieux crétin, c'était abominable. Un véritable chieur. Mais bon, la marque encore brûlante sur sa joue suffisait à souder sa bouche. D'autant qu'il savait que les vieux bras secs du Maître savaient être beaucoup plus puissants que ça.

Il remonta pour la énième fois en haut de la rue et recommença pour la énième fois son interminable descente. Il s'efforça de garder la tête haute, dans un mélange de grâce et de ce fameux orgueil tant plébiscité par le Maître. Il avait beau se sentir grotesque, le vieillard avait l'air d'aprécier. Ou du moins de pas vouloir l'interompre. Il restait sur ses gardes. Vu le caractère de vicelard du Maître, il pouvait très bien lui dire de s'arrêter alors qu'il commençait à monter le "pipe", juste pour le plaisir de le voir se ramasser et de pouvoir l'engueuler ensuite.
Non. Le Maître se tut. Atsushi grimpa le pipe, en essayant de conserver ce caractère "élégant" qu'exigeait son Maître. Une fois en l'air, il était un peu perdu. C'était quoi, l'élégance, une fois en l'air ? Il amorça un 360°, la mâchoire crispée, comme si à tout instant, le vieillard pouvait l'interompre en l'accusant de ne faire que des figures de "clodos". Silence une nouvelle fois. Il termina son 360°, exécuta un acon un peu aproximatif et retomba en stalefish. Maigre prestation mais bon, je vous rappelle qu'Atsushi n'a que neuf ans !

Il dégraffa ses chaussures et s'avança vers son Maître, le snowboard sous le bras. Avec un soupçon d'apréhension, il le regarda dans les yeux. Impossible de décrypter ce que pouvaient bien dire ces yeux d'un bleu-gris éclatant engoncés dans cette face ridée et bonhomme. Totalement inexpressif. Le Maître était totalement inexpressif.

Soudain, le vieillard se leva. Il couva Atsushi du regard et lui tapota le dessus du crâne.

"C'est bien, petit, c'est bien. Garde la tête haute, conserve toujours cette étincelle d'élégance hautaine et négligente qui caractérise les Hauts-Hommes et je te promet que tu deviendra le plus célèbre des miséreux."
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Atsu
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MessageSujet: Re: Le Maître 2 °entraînement°   Jeu 7 Déc - 19:22

Et merde.

Atsushi avait la tête qui grattait. Les cheveux, ça poussait vite. Le jeune homme se gratta frénétiquement l'arrière du crâne, son pied battant le sol avec fougue. Puis attendre, toujours attendre. Le vieux faisait du charme à une jolie commerçante, une rousse dont les mèches frisées tombaient dans l'avantageux décoletté. Même myope, il avait l'oeil, le vieux. Mais bon.
Atsushi jeta un coup d'oeil à son Maître. Il comprennait vraiment pas ce que trouvaient les jolies bourgeoises à cette pomme fripée. Pffffff...
Si Atsushi avait eu une montre, il l'aurait probablement regardé nerveusement. Mais il avait pas de montre. Alors il se contenant de faire courir ses doigts le long du bord de son snow et de chantonner un air idiot.

Le Maître baissa les yeux sur Atsushi. Il lui tapota la tête avec un sourire bonhomme et le garçon l'entendit déclarer d'une voix de chanteur de no

"C'est tout comme. Douze ans déjà. Et puis il apprend vite ! J'adore les enfants !"

Tu parles, Charles. Le Maître, il aimait personne, et surtout pas Atsushi. Et Atsushi, lui, c'était venir faire le marché avec le Maître qu'il aimait pas. Le gosse, c'est l'Argument de Vente pour les femmes. J'aime les gosses. Et hypocrite, avec ça. Il devait avoir des portées de mômes à travers tout le Japon mais c'était même pas un des siens qu'il saoûlait avec ses entraînements de snowboard.

"Bon, ben, merci pour tout !"
lança le Maître. Il attrappa la jeune fille par la taille et l'embrassa par dessus son étalage. Beurk. La bave, et tout.

"Hey, sérieusement, Maître, faudrait voir à jacasser un peu moins pour trois carotes et un peu de riz. Y'a encore Debora, Himawari, Ran, Silvi, Natsuki, Akari et Kaori.

- Dis donc, petit, tu sais que si on s'arrête sur les stands des hommes, je suis obligé de sortir du tabac et toi, tu voles pendant que je tapes la causette. Ca nous coûte plus à tous les deux.

-Gnagnagna"

Le Maître poussa un profond soupir et refourga la paire de lourds sacs qu'il tenait. En plus du snow, ça lui ferait les pieds.
Le garçon poussa un profond soupir et attrappa les sacs à contre-coeur. Ils avaient déjà vu trois des dix amantes principales du vieux. Courage, à peu près dix sacs à chaque fois. Le Maître en prennait généralement la moitié. Et le reste, c'était pour lui, Atsushi Kono, douze ans et demi, snow compris.
Et c'était lourd...

"Hey, Maître, j'ai une idée, on va faire un pari."


C'était aventureux de sa part, mais le petit garçon en avait marre. Il voulait prendre des risques.
Le vieux éclata de rire. Début encourageant.

"D'accord, mon ptit. Et on parie quoi ?


-On parie que si on va chez un marchand mec, j'arrive à récupérer trois sacs pleins ! Et si j'y arrive, vous les portez tous les cinq !"

Le vieillard haussa un sourcil et sourit. Un sourire dénué de toute bienveillance.

"Tape m'en cinq petit, c'est vendu. Même un galon de tabac c'est rien pour te voir à l'oeuvre."

Atsushi serra les dents. La confiance règne c'est un bonheur. Et puis, s'il se faisait prendre, ça changerait un peu, c'est le marchand qui lui collerait une taloche.

Le vieillard s'avança et choisit un stand (presque) au hasard. Dario Kimiwako. Un gros fumeur aux mains calleuses. L'idéal pour l'expérience.

Atsushi sourit en voyant son Maître s'approcher du stand du Gros Dario. Il fallait qu'il le laisse entamer la conversation et après trois barres tirées sur sa cigarette, s'il a toussé au moins une fois, il pouvait y aller. Le timing serait serré pour trois sacs, mais c'était jouable.
Le garçon plissa les yeux. Le Gros Dario venait de tousser, et il pestait contre le "tabac de camionneur" du Maître. C'était toujours comme ça. Les commerçants étaient si prévisibles. Il s'approchant du stand à pas feutrés et posa la main su une pomme. Ni le vieux, ni le marchand ne réagirent. Il l'attrappa et commença à remplir de fruits un sac qui traînait. Merde. Ca, c'était pas prévu. Depuis le début, y'avait une paire d'yeux qui l'observait. Là, sous le pan de bâche. Des grands yeux, tout ronds. La fillette souleva la bâche et s'approcha du garçon. Elle devait avoir cinq, six ans, pas plus. Comme elle était petite, c'était trop bizare. Il la regarda avec des yeux ronds. Merde, si elle le balançait, il allait se faire rouster. Il plaça son index sur sa bouche et fit chut à la gamine. Celle-ci le regarda, la bouche entrouverte et cligna des paupières. Après un instant de silence où la tension était palpable, la jeune fille lui fit un clin d'oeil et s'approcha à petits pas. Elle attrappa un sac sous l'étalage et commença à le remplir sans bruit.
Atsushi la regarda, perplexe.

"Remplis vite, il lui reste une demi-cigarette"

Atsushi se frotta les yeux et recommença son forfait. C'était qui, cette fille ?
Il resserra le passant des deux sacs qu'il avait rempli et attrappa celui que la fillette lui tendait, un peu perplexe quand même. L'enfant retourna s'abriter sous la bâche et leva le pouce vers Atsushi. Vraiment bizarre cette fille. Il recula à petits bonds et alla se planquer derrière une poubelle, juste le temps d'observer le Maître qui disait au revoir à Dario d'un signe de main. Celui-ci se dirigea vers Atsushi, un sourire au coin des lèvres.

"T'es vraiment inconscient !
"

Il se gratta la tête et son sourire s'élargit.

"Mais t'as gagné ton pari !"

Le Maître ébourriffa les cheveux d'Atsushi et attrappa les sacs.

Y'aurai une embrouille... Il avait cédé trop facilement.

"Mais comme j'ai beaucoup de sacs et qu'on a encore des courses à faire, le reste sera pour ta pomme !"

Il souligna sa réplique d'un sourire narquois qui signifiait clairement "et aujourd'hui, on achète des meubles".
Atsushi soupira. Et merde à nouveau. Histoire de ne pas perdre la face, il se gratta la tête avec fureur, tout en affichant un sourire on ne peut plus forcé. Ca gratte, les cheveux, quand ça pousse.
Atsushi suivit le Maître sans rien dire, mais il n'en pensait pas moins. Les poings serrés au fond de ses poches, il poussa un grognement rauque à peine audible. Le Maître vira un peu dans son trajet et se dirigea vers le stand de Ran. Et merde. C'était pas des meubles qu'il allait porter...

************

"Non, merde ! J'en ai plein les pattes ! Je veux m'arrêter !"

Porter des tas de sacs hyper-lourds, sur un snowboard, c'était pas le plus confortable. Atsushi avait l'impression de s'enfoncer dans la neige. Puis ça le grattait encor à la tête. Sauf qu'il avait plus de bras pour se gratter. Et le Maître, à côté, qui portait ses deux
petits sacs nazes...
Atsushi soupira.

Le Maître s'arrêta.

"Bon, on va rester ici puisque tu râles. Et je crois qu'en plus, ce pan de mur fera un excellent pipe.Tu as un quart d'heure pour me faire 70 runs. Cinq figures minimum pour chaque runs. Et après on repart."

Nouveau soupir. Et merde...
Atsushi se gratta furieusement l'arrière du crâne pour se donner une contenance.

Il posa ses sacs et ses cageots et se plaça en face de la pente de neige grisâtre. Il donna une impulsion avec le pied et démarra. La neige foulée à longueur de journée était vraiment merdique. Y'avait des bouts de béton par endroits, le support était nul. Le Maître s'en foutait. Il roulait sa clope avec dextérité. Fumier. Atsushi glissa sur le pipe et s'envola, favorisé par son faible poids. Il exécuta un 360° et enchaîna avec un acon flip. Cinq figures minimum. Serre les dents, serre les fesses, t'en a pas fait la moitié. Il pivota et exécuta un nose grab. Plus que deux, contrôle-toi. Contracte tous tes muscles. Bloque la pesanteur. Vole. Stalefish. Plus qu'une. Tailfish. Chaud. Je crois que ça passe pas. Ca passe. En fait non. Ca passe pas.
Atsushi atterit sur le dos. Ca fait mal, merde. Il se releva et balaya l'écorchure de la main. Plus de peur que de mal. En fait, non, évidemment plus de mal que de peur. Atsushi n'avait jamais peur. C'était nul, d'avoir peur.
Un quart d'heure, 70 runs. Chaud chaud chaud. Il fallait plus qu'il se ramasse. Il était obligé de se rattrapper sur la pente d'en face à chaque fois pour redémarrer le run sans avoir à remonter la rue.
Tout à ses tergiversations, il avait remonté la pente et s'élança à nouveau.

Le pipe se rapprochait vitesse grand V. Si Atsushi n'avait pas l'habitude, il aurait pu se demander s'il n'avançait pas aussi. Mais Atsushi avait l'habitude, aussi eut-il du mal à s'en formaliser et à s'extasier comme au début de son entraînement. Il glissa sur toute la hauteur du pipe et se retrouva en l'air. Cette fois-ci, il avait pris une plus grande impulsion en arrivant en haut. Il était sensé avoir suffisament d'élan pour enchaîner cinq figures sans se rammasser. Il commença par un stalefish, puis un acon flip suivi d'un nosestal et un tailgrab. Il tenta d'enchaîner sur un 1080°, le plus grand défi qu'il se lançait, mais dû se contenter d'un 360° pour atterir sur la pente d'en face. Il la descendit et se reprojeta en l'air sur l'autre, plus grande. Troisième run à peine et il savait déjà plus quoi faire comme figure. Il exécuta un stalefish, puis un Indy suivi d'un simple grab. Un peu à court d'inspiration, il réalisa un 360 Back et retomba en Mute. Ca compte comme une figure, ça, d'habitude ! Il prit l'impulsion sur son bras pour aller reprendre de l'élan en face. Courage, plus que 67 runs...

************

Atsushi était trop occupé à se frotter la joue pour s'occuper des démangeaisons furieuses que lui provoquaient ses cheveux.
Quel pourri ! Il l'avait étalé ! Un grand coup du revers de la main. Il avait des bagues, en plus, le vieux... Merde, il avait quand même fait 66, des runs, en un quart d'heure ! Mais non. Le vieux avait dit 70, pas 66... Qu'Atsushi en ai fait avec jusqu'à 8 figures dedans, il s'en foutait. Ca comptait pas. Quel pourri !
Le garçon se frictionnait sa joue douloureuse de la main droite, tout en portant consciencieusement (mais sous la contrainte quand même) tous les sacs qu'il peinait à porter à deux mains avant ses runs et son snowboard. Plus le droit de glisser, c'est pas toi qui choisi.
Atsushi avait mal aux jambes, aux bras, à la joue, aux poignets, à la tête, aux cheveux et au bide. Il avait faim, froid, sommeil et une presque irrépréssible envie de chialer. Merde. Il avait que douze ans... Il aurait préféré crever plutôt que de tomber sur un tyran pareil...

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Et bien écoute, je suis un homme, tu es une femme et nous sommes dans une pièce remplie de lits... Je dois te faire un dessin ?
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